2. En quoi le coton biologique est-il différent du coton dit « conventionnel » ?
Le coton conventionnel est largement traité avec divers produits chimiques, et ce depuis la culture du cotonnier jusqu’à la confection des vêtements.
D’abord, au moment de la culture, la plante est traitée avec des engrais et des pesticides chimiques qui engendrent une pollution des sols et des rivières et par extension de l’eau potable. On estime que la culture du coton conventionnel engendre 28% de la pollution due aux engrais et aux insecticides dans le monde, alors qu’elle n’occupe que 2,5% des terres cultivables. Des résidus de ces produits chimiques restant dans les fibres, cela constitue un danger pour la santé de celui qui porte le vêtement qui en est issu. Il est également à noter que lorsque la récolte est effectuée par des machines, les fruits du cotonnnier doivent tous avoir la même taille et pour ce faire, les plantes sont traitées avec des régulateurs de croissance et des défoliants chimiques (par ex., l’arsenic).
Sans compter que quand la culture du coton est irriguée, elle est excessivement gourmande en eau, comme en témoigne la disparition progressive de la Mer d’Aral. Et que plus d’1/5 du coton conventionnel cultivé dans le monde est un OGM.
Ensuite, lors des différentes étapes de transformation du coton en tissu (par exemple, lors du tissage, où le fil est enduit d’un premier produit chimique pour le protéger des frottements, pour être ensuite traité par un second produit chimique pour se débarasser du premier) et d’ennoblissement de ce tissu (pour améliorer son tombant, pour l’imperméabiliser, pour l’ignifuger, pour le teindre et fixer cette teinture, pour le rendre résistant au froissage, au feutrage, au rétrécissement, pour rendre son repassage inutile, pour lui donner un aspect plus soyeux, …) ainsi que lors de la confection des vêtements (pour assouplir les plastiques utilisés pour les décorations et inscriptions plastifiées, par ex.), toute une série d’autres produits chimiques potentiellement dangereux seront utilisés. : formaldéhyde, phtalates, chlore, produits à forte teneur alcaline, etc.
Au final, le consommateur pense acheter un vêtement fabriqué avec un tissu naturel puisqu’il est « 100% coton », mais celui-ci peut contenir jusqu’à 10% de produits chimiques. Et quand on sait que depuis une soixantaine d’années, près de 100.000 produits chimiques ont été mis sur le marché, souvent sans que leurs effets sur la santé humaine n’aient été testés au préalable, cela laisse perplexe, voire inquiet …
Et sur le plan social, le bilan n’est guère plus glorieux. Puisque pour pouvoir mettre sur le marché des vêtements à tout bas prix, la production est délocalisée vers des pays qui pour être concurrentiels sont prêts à quelques « concessions » humaines dont le travail des enfants. Sans oublier les cultivateurs devant se surendetter pour acheter des pesticides et obligés de vendre leurs récoltes à bas prix. Enfin, selon un rapport de l’OMS, les travailleurs du coton ne seraient pas conscients des risques qu’ils encourent, pas plus qu’ils ne seraient formés ou équipés pour se protéger de la toxicité des produits qu’ils utilisent. On estime à 1,5 millions, les producteurs de coton intoxiqués chaque année par des pesticides.
Heureusement, une alternative au coton conventionnel existe : le coton biologique.
Pour cultiver le coton biologique, on n’utilise pas d'engrais chimiques, d’insecticides, de fongicides, d’herbicides ou de défoliants. Si des engrais ou des pesticides sont utilisés, ils sont naturels, comme par ex. le guano au Pérou ou des décoctions de feuilles de Neem. Ceux-ci sont le plus souvent locaux et donc adaptés à la région. Le coton biologique est protégé des projections chimiques extérieures grâce à la parcellisation des plantations. Et d’un point de vue social, les cultivateurs ne s’endettent pas pour acheter des produits chimiques et leur santé, ainsi que celle des populations alentour est protégée.
L’entretien de la culture et la récolte se font manuellement, ce qui augmente l’emploi. Et une rotation des cultures est pratiquée, le plus souvent avec des céréales et des légumes, ce qui évite l’épuisement des sols. De plus, le coton biologique n’est pas le même en fonction de l’endroit où il pousse et il est donc adapté à cet endroit.
Le coton biologique n’est jamais un OGM et les semences utilisées ne sont pas traitées.
Tout cela permet de préserver la fertilité du sol, d’en réduire l’érosion, de diminuer les besoins d’irrigations (même si le coton biologique est lui aussi gourmand en eau), de maintenir la biodiversité, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et de protéger les nappes phréatiques. Pour le consommateur d’un vêtement en coton biologique, c’est aussi la garantie qu’il n’y aura pas de résidu de produit chimique dans les fibres de celui-ci.
En ce qui concerne la transformation du coton en tissu et du tissu en vêtement, un certain nombre de labels garantissent l’absence de produits chimiques toxiques : colorants cancérigènes, substances allergènes, métaux lourds, chlore, … Certains d’entre eux garantissent aussi que le vêtement a été fabriqué selon les règles du commerce équitable.